SYNDROME DE L'IMPOSTEUR : LE COLOCATAIRE INVISIBLE DU SCÉNARISTE
- 10 juil. 2025
- 2 min de lecture
Chères lectrices, chers lecteurs,
Cette semaine, j’ai envie de vous parler d’un colocataire invisible mais très envahissant, particulièrement actif chez les scénaristes, artistes, créatifs en tous genres…je parle du fameux syndrome de l’imposteur.
📢 Vous savez, cette petite voix intérieure qui chuchote (ou crie, selon les jours) : "Tu n’es pas légitime", "Tu n’es là que par hasard", "Un jour, ils vont se rendre compte que t'es nul(le)…".
💻 Derrière ce sentiment qui donne parfois envie de jeter son ordinateur par la fenêtre (puis de le récupérer, parce que bon, c’est cher quand même), il y a de vraies mécaniques psychiques.
Par exemple, le psychanalyste Jacques Lacan parle du manque à être, cette sensation que quelque chose nous échappe toujours, et qui peut se transformer en moteur ou… en frein.
Donald Winnicott, lui, évoquait le "faux self" : cette version de nous qu’on construit pour plaire, pour s’adapter, mais qui nous éloigne parfois de ce qu’on est profondément. (ce qui m'a d'ailleurs rappelé des similitudes avec le formidable travail autour de l'identité/authenticité etc... de Julia de Funès)
Résultat : même quand on réussit, on a l’impression que ce n’est pas vraiment “nous” qui avons réussi. (vous suivez toujours ou vous avez fui au mot "psychanalyste" ?)
📘 Et rassurez-vous, ce n’est pas réservé aux jeunes débutants.
Même Meryl Streep ou Maya Angelou ont confié avoir ce sentiment.
Maya Angelou, écrivaine, a dit : "J’ai écrit onze livres, mais à chaque fois, je pense : “ Ça y est, ils vont me démasquer. J’a dupé tout le monde et ils vont me découvrir.”
Alors, que faire quand cette voix revient tambouriner ?
Voici quelques pistes que j’essaie d’appliquer (quand je ne suis pas trop occupée à douter) :
🔹 Nommer ce qui se passe : juste dire “Ah, tiens, c’est mon syndrome de l’imposteur” permet déjà de prendre un peu de distance.
🔹 Parler à d’autres créatif·ves : c’est fou comme on se sent moins seul·e quand quelqu’un d’autre dit “Ah mais moi aussi je le vis au quotidien”.
🔹 Et surtout se rappeler que la légitimité ce n’est pas un “diplôme de la reconnaissance” qu’on reçoit un jour mais surtout un acte qu’on pose.
Celui de prendre la parole, de créer, d’essayer et de dire : “J’ai quelque chose à dire mais ma voix tremble.”
Et rien que ça, peut-être que c’est déjà être légitime.
🔏 Bref, cette semaine j’ai douté…fort… en tentant de finir un scénario de long-métrage pour l’atelier long de Séquences7 en 2 semaines…
(C’était plutôt mission impossible au départ et je ne sais pas quel miracle, j’y suis arrivée)
🐐J’ai relu le scénario en me demandant si je ne devrais pas plutôt élever des chèvres dans le Larzac.
Et puis j’ai écrit une phrase qui m’a plu et elle m’a ramenée à moi alors je me suis dit qu’écrire et réaliser des films c’était quand même cool et que les chèvres attendront…
Et vous, quelle est votre définition de la légitimité ?
À bientôt, avec ou sans syndrome, mais toujours avec vous.




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